Les œuvres de Michaux, de Ponge et de Tardieu occupent des places singulières dans la poésie du XX° siècle, du fait notamment qu'elles se sont tenues à distance plus ou moins grande des grands courants poétiques (en particulier du surréalisme). Elles s'attachent en outre, selon des voies spécifiques, à mettre en cause les conceptions traditionnelles des partages entre les genres littéraires et les arts : ainsi de la méfiance de Michaux et de Ponge à l'égard du genre de la poésie, des pratiques hybrides de Tardieu, qui l'amènent à écrire des "poèmes à jouer" ou à renouer avec des fictions narratives au sein de ses recueils, sur un mode souvent fantaisiste.
On s'intéressera notamment à la façon dont ces écrivains traitent par leur projet d'écriture, d'un affect souvent considéré comme emblématique de la modernité : l'angoisse. En effet, l'écriture poétique (ou perçue comme telle), apparaît comme un lieu privilégié d'exploration ou de conjuration de l'angoisse, qu'elle soit explicitement inscrite dans les textes, ou fasse l'objet de stratégies d'évitement.
Bibliographie
Œuvres étudiées : Michaux, Henri, La Vie dans les plis, Paris, Gallimard, coll. "Poésie/Gallimard", 1972 Ponge, Francis, La Rage de l'expression, Paris, Gallimard, coll. "Poésie/Gallimard", 1952 Tardieu, Jean, La Part de l'ombre, Paris, Gallimard, coll. "Poésie / Gallimard", 1972
Une bibliographie critique sera distribuée en début de semestre.