• Manifestations scientifiques,

Récits en image de soi - Dispositifs (du Moyen-Age à nos jours)

Publié le 16 mars 2018 Mis à jour le 16 mars 2018
Ce colloque s’inscrit dans un programme de recherche qui a déjà donné lieu à plusieurs manifestations. Lors de journées organisées à l’Université de Toulouse-Jean Jaurès du 17 au 19 novembre 2016, la réflexion a porté sur les conditions, les enjeux et les modalités de l’autobiographie en images dans notre société contemporaine tout entière placée sous l’empire de la visibilité. On a voulu observer les relations privilégiées que l’image (peinte, graphique, photographique, filmique) entretient aujourd’hui avec l’écriture de soi, comme l’atteste le succès de l’autobiographie photo-illustrée, des blogs et des journaux personnels en ligne, ou encore de la BD autobiographique.

Contre l’assignation hégémonique à la transparence, ces pratiques hétérogènes qui croisent les systèmes sémiotiques, les médiums et les genres, semblent moins viser à élucider le sujet qu’à lui restituer sa part essentielle d’altérité. Elles amènent en outre à reconsidérer le modèle narratif linéaire et « monodique » de l’écriture autobiographique et à la situer dans les cadres discursifs et éthiques naguère théorisés par Philippe Lejeune, dont on a pu se demander dans quelle mesure ils restaient aujourd’hui encore opératoires.

Nous souhaiterions poursuivre ces premières pistes en élargissant davantage l’empan chronologique, jusqu’à la période médiévale au moins, de façon à remonter à des pratiques et à des émergences plus anciennes et ainsi examiner l’historicité du récit en image de soi. A cette fin, la notion de dispositif, appréhendée comme « matrice d’interactions potentielles » (Ph. Ortel), permettrait d’envisager plus largement la diversité des supports autobiographiques et de sonder les formes ou montages qu’ils accueillent, perçus autant comme des opérations d’élucidation que comme des régimes d’opacification de soi. Loin d’assurer un ordonnancement homogène de la signification, le dispositif met en jeu l’indétermination de la réalité ; il témoigne, par la variabilité féconde de ses performances, de l’incertitude des territoires intimes et il dégage des espaces d’inventions aléatoires, à la lisière ou en dehors des systèmes normés.

Mise à jour : 16 mars 2018