• Manifestations scientifiques,

Saintes Alliances ? Religion et politique dans l’Europe de 1815

Publié le 24 septembre 2015 Mis à jour le 5 octobre 2015

L’objectif de cette rencontre est de se pencher sur la supposée rupture de 1814-1815 dans l’histoire des rapports Églises/États en France et en Europe.

Peut-on encore écrire une histoire chronologiquement cloisonnée des Églises sous la Révolution, l’Empire et les Restaurations ? Quelle est la part des héritages du réformisme éclairé, des politiques révolutionnaires et impériales dans l’organisation des Églises, mais également dans la pastorale déployée par les différentes autorités ecclésiastiques européennes en 1815 ? Quel statut pour les minorités religieuses ? Quels ont été les effets de la transition politique de 1814-1815 sur le personnel ecclésiastique dans les territoires composant le défunt Grand Empire ? Assiste-t-on à la simple poursuite d’un processus de sécularisation des sociétés amorcé dans les années 1750 ? Pour les pays les plus exposés aux soubresauts politiques entre 1789 et 1820 (France, Italie, Espagne), comment le clergé a-t-il vécu les changements de régime successifs ? L’Église de France fut-elle ainsi une Église de « girouettes » ?

On peut en effet s’interroger, en reprenant la réflexion de Pierre Serna autour des palinodies du personnel politique, sur le ressenti d’une génération de prêtres et de fidèles confrontée à quarante ans de querelles théologico-politiques et de débats autour des serments de soumission à l’autorité civile dans l’Europe catholique. Quelle a été l’attitude des croyants face aux aléas politico-militaires des années 1810 ? Dans ce contexte tourmenté, assiste-t-on à un réveil du providentialisme ? De quelles recompositions religieuses l’Europe a-t-elle été le théâtre après l’effondrement du système napoléonien ? Les pratiques de surveillance et d’encadrement tant du clergé que des fidèles ont-elles fondamentalement changé ?

Il est nécessaire de reprendre ici les pistes suivies lors du colloque « Napoleon’s Legacy » organisé à l’Institute of Historical Research de Londres en 1997 (publié en 2000), qui soulignait l’importance des continuités administratives et la persistance du modèle napoléonien dans l’Europe des Restaurations. En centrant le propos sur le « moment » 1814-1815, nous privilégions l’étude d’un temps court, mais celui-ci devra nécessairement être replacé dans une perspective chronologique plus longue, afin de nuancer l’importance du « tournant post-révolutionnaire » dans l’Europe du Congrès de Vienne.
Contact :
Partenaires :
Colloque organisé avec le soutien de l’université Lyon III, du Laboratoire de Recherche historique Rhône Alpes, du CRESAT (Université de Haute-Alsace), de l’université de Cologne, de l’Institut d’Histoire de la Révolution française (Paris I), du Centre d’Histoire du XIXe siècle (Paris I-Paris IV), du Centre d’Histoire Espace et Cultures (Université de Clermont-Ferrand) et de la Société des études robespierristes.
Thématiques :
Manifestations scientifiques

Mise à jour : 5 octobre 2015