"Un si bon miroir des faiblesses de notre coeur" : lecture et expérience de soi dans les Lettres de l'année 1671

Michèle Rosellini

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Conférence de Michèle Rosellini, ENS de Lyon. UMR 5037 (Institut d’Histoire de la Pensée Classique) / CERPHI.

Présentation de l'auteur et résumé


Michèle Rosellini est Maître de conférences à l’ENS de Lyon où elle enseigne la littérature française du XVIIe siècle. Ses travaux de recherches portent sur la lecture et l’éthique des libertins.


Pendant l’été 1671, Madame de Sévigné relit un roman de La Calprenède, Cléopâtre, et découvre le premier volume des Essais de morale de Pierre Nicole tout juste paru. Elle compose pour sa fille des chroniques de ces deux lectures, où elle dévoile ses faiblesses intérieures : faute de goût à l’égard du roman, dont le style lui paraît exécrable mais dont les aventures l’entraînent dans un monde imaginaire régressif ; défaillance spirituelle que lui révèle la lecture de Nicole, qu’elle ne peut suivre sur la voie de la conversion au prix du renoncement à l’attachement passionné qui la lie à sa fille. Pour la solitaire que la marquise est en train de devenir dans son domaine de Bretagne, la lecture n’est pas seulement un passe-temps : c’est une mise à l’épreuve de soi. Mais le profit affectif que lui procure cette occasion d’échange intime avec Mme de Grignan compense – et peut-être neutralise – la souffrance que lui cause la découverte de son incohérence intérieure.


Publication dans le cadre des Actes de la Journée d'étude organisée à Lyon le 1er décembre 2012 : "Connivences épistolaires ? Autour de Madame de Sévigné (Lettres de l'année 1671).
  • Dates
    Créé le 29 janvier 2013

Mise à jour : 17 juin 2014